1918 – 2018 Centenaire de la fin de la Grande Guerre – La musique en 1918

Printemps et été 1918… Un siècle déjà ! Cela peut sembler bien loin, surtout pour les plus jeunes d’entre nous. Mais faut-il rappeler qu’il y a presque le même laps de temps entre notre époque et les poilus de la Grande Guerre qu’entre ces combattants des tranchées et les Grognards de Napoléon ? Il est important pour notre avenir que les nouvelles générations gardent la mémoire de cette période où le sort de l’Europe bascula…
Il est toujours frappant et émouvant de lire la liste de ces hommes  » Morts pour la France  » sur les monuments aux morts de la première guerre mondiale : patronymes, souvent de la même famille, précédés de prénoms anciens joliment désuets, parfois suivis d’un grade – rarement au-dessus de sergent – , classés par année de leur décès. Leur nombre contraste douloureusement avec la dimension modeste de certains villages aujourd’hui désertés. La Guerre de 14/18 : ce suicide de l’Europe selon le mot de Lyautey, un des rares généraux français à garder la tête froide face aux va-t-en-guerre de l’époque.
Nous serons chez nous avant Noël disaient, en août 14, les soldats en montant dans les wagons marqués de l’inscription – Hommes 40, Chevaux 8 en long – sur lesquels était souvent écrit à la craie  » à Berlin  » ! Comme ils étaient fiers de leurs pantalons garance, de leurs fusils Lebel et confiants dans les prouesses de leurs  » 75  » ! Les plus optimistes comptaient bien être de retour chez eux pour les vendanges… Aucun de ces conscrits ne pouvait se douter de l’enfer de boue et d’obus auxquels leurs vies seraient soumises durant 52 interminables mois. Ceux qui en ont revenus, jamais indemnes, soit dans leur corps soit dans leur esprit, juraient que ce serait la dernière des guerres, la  » der des der  » : à peine 20 ans plus tard ils déchantèrent amèrement…
Sauf dans la zone du front et dans les régions occupées par l’armée allemande, pendant que les hommes souffraient dans les tranchées, la vie continuait ’’à l’arrière’’. Les permissionnaires étaient surpris de l’animation des Boulevards, de la fréquentation des restaurants, de la foule qui se pressait dans les théâtres et à l’Opéra, qui reprit son activité dès 1915. Car à Paris comme dans les grandes villes, la vie intellectuelle et artistique continuait. Parmi les arts, la littérature paya à la guerre un lourd tribut : Charles Péguy, Alain Fournier, Guillaume Apollinaire… Les musiciens s’impliquèrent eux-aussi dans le conflit.
D’abord réformé, Maurice Ravel réussit à s’engager et participa à la bataille de Verdun comme conducteur d’un camion militaire sur la Voie Sacrée. Démobilisé à la suite d’une péritonite, il composa en 1917 le Tombeau de Couperin qu’il dédia à ses amis tombés au front. Composé après la guerre pour le pianiste Paul Wittgenstein, blessé lors du conflit et amputé du bras droit, le Concerto pour la main gauche nous rappelle le sort des innombrables mutilés de la Grande Guerre.
Malade depuis 1910, Claude Debussy termine en mars 1917 sa dernière œuvre, la sonate pour violon, créée à Saint-Jean-de-Luz par Gaston Poulet. Il décède le 25 mars 1918 et sera d’abord inhumé au cimetière du Père-Lachaise, sans discours et sous les tirs d’obus des Pariser Kanonen, ces canons géants de 210 mm à longue portée qui terrorisèrent Paris pendant plusieurs mois lors de cette dernière année de guerre.
Alors âgé de 79 ans, Camille Saint-Saëns écrit en 1914 une série d’articles intitulée Germanophilie où il plaide le bannissement de la musique allemande, y compris celle de Wagner. Il participe à la Ligue nationale pour la défense de la musique française créée par Charles Tenroc autour de Vincent D’Indy, Alfred Cortot… qui entendait faire de la musique un outil de propagande nationaliste et à laquelle participa aussi Claude Debussy. Puis il s’éloigna de l’Europe en feu : en 1915 il donna une série de conférences et de concerts à New York et à San Francisco. En 1916, il passa 4 mois en Amérique du Sud avant de rejoindre Alger où il mourut en 1921.
Loin des salons de la capitale, n’oublions pas les simples chants des soldats, de la ludique Madelon qu’ils chantaient dans les cafés lors des périodes de repos pour tenter d’oublier l’horreur de leur quotidien, à la bouleversante Chanson de Craonne, hymne spontané des révoltés de 17 lassés des attaques inutiles et du mépris de certains officiers généraux pour la vie des hommes, dont l’auteur restera à jamais anonyme.
(R.G. 02/2018)

Concert symphonique
M. Ravel et E. Grieg

Samedi 30 juin à 20h30 – Collégiale de Saint-Symphorien-sur-Coise

Dimanche 1er juillet à 17h00 – Eglise de Saint-Galmier

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L’Histoire du Soldat
Igor Stravinsky

Dimanche 8 Juillet – 18h00 Halle de Sainte-Foy-l’Argentière

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Guerre et paix à la Renaissance
Chœur a cappella

Mercredi 11 Juillet à 20h30
Eglise de Chambost-Longessaigne

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La Traviata
Opéra de G. Verdi

Jeudi 12 et samedi 14 Juillet à 20h30
Salle municipale de Duerne

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