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Così fan tutte de W.A. Mozart, portraits des solistes

Così fan tutte de W.A. Mozart

L’histoire…

Le plus léger, le plus gai, le plus limpide des opéras de Mozart selon Henri Ghéon, Così fan tutte est un chef d’oeuvre de grâce, de volupté, de tendresse mais aussi de dérision. Mozart et son librettiste favori Lorenzo da Ponte dénoncent de façon un peu acide aussi bien l’outrecuidance vaine des hommes que l’inconstance sentimentale des femmes, mettant en scène les illusions de l’amour…
Da Ponte s’inspire d’un fait réel ou légendaire qui avait à l’époque amusé tout Vienne, l’échange de leurs femmes par deux officiers en poste à Trieste. Comme souvent chez Mozart, livret et partition furent écrits rapidement, en un mois, en décembre 1789. La première représentation eut lieu le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne. Jouée à cinq reprises, la pièce fut interrompue par la mort de l’empereur Joseph II le 20 février 1790.
L’intrigue se situe à cette époque dans la baie de Naples. C’est une méditation douce-amère sur la fidélité, sur fond de travestissements, de faux adieux et de tromperies – Così fan tutte signifiant « Elles le font toutes », en clair toutes les femmes trompent les hommes ! Mais loin des accusations d’immoralité dont le livret a fait l’objet au XIXe siècle, tout en légèreté mozartienne, cette oeuvre révèle une gaieté voilée, une sorte de désenchantement sans amertume ni cynisme dont le fond reste très généreux: « Je vous ai trompées, mais ma tromperie était pour détromper vos amants qui seront désormais plus sages. » (Don Alfonso, Acte II, Finale)
Deuxième production du festival Lyrique en Lyonnais, l’opéra sera créé à la Chapellerie de Chazelles-sur-Lyon, avec une très belle distribution et l’intention de ne rien perdre de cette légèreté de l’oeuvre ni du parcours initiatique de chaque personnage. Car sous des dehors parfois invraisemblables ou surannés, Così fan tutte charme et nous parle beaucoup de nous-mêmes, de nos désirs et de nos illusions, de nos raisons et de nos déraisons.

Après la Périchole en 2015, Nicolas Peraldo mettra en scène Così fan tutte. Ce sera une première pour lui qui vient davantage du théâtre, comme pour Hugo Peraldo qui assurera la direction musicale et l’équipe artistique de la Périchole en charge à nouveau des décors, des costumes, des lumières..
Découvrez dans cet article la distribution et les six solistes que Hugo et Nicolas Peraldo ont retenus et que vous pourrez entendre les 8 et 9 juillet prochains.

Pauline Loncelle, soprano (Fiordiligi)

Après avoir débuté sa formation dans la classe de chant de Marcin Habela au CRR de Lyon, Pauline intègre le CNSMD de Lyon dans la classe de Brian Parsons en 2013.
Elle se perfectionne en chant lyrique à l’occasion de masterclasses (Académie de Musique de Tibor Varga à Sion, Académie de Cracovie…), avec des personnalités telles que Sandrine Piau et Alain Garichot. Depuis 2011 Pauline renforce son apprentissage à Paris auprès de Nicole Fallien. Elle fait ses débuts sur scène dans le rôle de Gontran dans Une éducation manquée d’Emmanuel Chabrier à la salle Molière de Lyon en 2011.

Festival Lyrique en Lyonnais

En 2012, on lui confie le rôle de Despina dans Così fan tutte de W.A Mozart dans le cadre d’une production privée au théâtre des Maristes à Lyon. De plus, elle se spécialise dans le domaine du récital: au Festival des jeunes talents lyriques d’Essaouira au Maroc (2011), au palais de la Mutualité à Lyon (2013), à Gênes en Italie (2013 récital consacré à Poulenc).
En 2014, elle participe à une série de concerts en Algérie dans le cadre d’un échange culturel avec l’Institut Français. Elle se produit également à l’Amphi Opéra de Lyon pour interpréter les Cabaret Songs de Britten. Puis elle chante aussi lors du festival « Le classique c’est pour les vieux » au 59 Rivoli à Paris. C’est au festival du Château d’Anjou en 2015 qu’elle donne plusieurs concerts autour des grands airs du répertoire opératique. En 2016, elle aura l’occasion de chanter le rôle de Fiordiligi dans Così fan tutte dans plusieurs productions de la région lyonnaise. En 2017, elle interprétera le rôle d’Hélène dans A Midsummer Night’s Dream de Britten avec le CNSMD de Lyon.

Festival Lyrique en Lyonnais

Sarah Jouffroy, mezzo-soprano (Dorabella)

Sarah Jouffroy commence ses études musicales par l’apprentissage du violoncelle. A l’âge de 20 ans, elle débute le chant en cours particuliers puis intègre le CNSMD de Lyon. Elle débute sur scène au sein de la compagnie les Brigands. L’Opéra de Marseille l’engage d’abord pour interpréter Fanny dans L’aiglon de Honegger, puis pour les contes d’Hoffmann et Dorabella dans Così fan tutte, de Mozart.
Elle chante sous la direction de Christophe Rousset à l’Opéra d’Amsterdam, en concert pour Hervé Niquet, et dans de nombreux projets d’opéras et oratorios avec Bernard Tétu. En oratorio, elle est soliste dans de grandes œuvres de Mozart, Bach, Haendel, Pergolese, Vivaldi, Rossini, Duruflé, Elgar, Dvorak… Elle a donné ses premiers récitals à l’Opéra de Lille, au festival de Saint-Riquier et en 2009 au Théâtre de Compiègne.
Elle a chanté deux fois à l’Opéra de Nantes, dans Manon de Massenet et La flûte enchantée, puis à l’Opéra Comique dans Fortunio de Messager. A l’Opéra de Lille, elle était Mercedes et la doublure de Carmen, puis Cendrillon de Massenet. En 2011 elle chante sous la direction de Ton Koopman, la cantate 207 de Bach et le Requiem de Mozart à l’Auditorium de Lyon. Elle interprète l’Enchanteresse dans Didon et Enée, à l’Opéra de Besançon et celui de Versailles, spectacle repris à l’Opéra de Bordeaux et de Fribourg en 2013.

On a pu l’entendre dans L’Orféo à Lyon, Besançon, à l’Opéra de Versailles, à l’Opéra d’Avignon ainsi que dans The Fairy Queen de Purcell et Judith triomphante de Vivaldi dans le cadre du festival de musique baroque de Lyon. En décembre 2012 elle interprétait les Chansons madécasses de Ravel avec l’Orchestre de chambre de Paris. Au Capitole de Toulouse elle a chanté dans Cavalleria Rusticana de Mascani en 2014. Elle a retrouvé l’Opéra Comique la saison dernière, dans Manfred de Shumann, sous la direction d’Emmanuel Krivine. En 2018, elle sera Mère Jeanne dans Le dialogue des Carmélites au Théâtre des Champs-Elysées, production d’Olivier Py sous la direction de Jeremie Rohrer.

Antoine Saint-Espès, baryton (Guglielmo)

Après avoir obtenu son diplôme au CNR de Grenoble dans la classe de Cécile Fournier, il entre au CNSMD de Lyon où il obtient son Master en 2010. Il se produit en tant que baryton solo dans les grands oratorios du répertoire. Il travaille régulièrement avec le Concert de l’Hostel Dieu sous la direction de Franck-Emmanuel Comte dans des programmes de musiques anciennes. On a pu l’entendre avec cet ensemble dans des festivals comme La Chaise-Dieu, Ambronnay, Saoû chante Mozart…

Festival Lyrique en Lyonnais

Il travaille régulièrement avec le Chœur et solistes de Lyon (Bernard Tétu), le chœur Britten (direction Nicole Corti), le chœur du Capitole de Toulouse (direction Alfonso Caiani) ainsi que le chœur de l’Opéra de Lyon. Il a déjà tenu plusieurs rôles à la scène dans des opéras tels que Didon et Enée, King Arthur, Fairy Queen de Purcell, la Belle Hélène d’Offenbach, Mireille de Gounod, Tosca de Puccini, Les mousquetaires au Couvent de Varney. Sous la direction de Patrick Souillot il a chanté la Flûte enchantée de Mozart, la Traviata de Verdi et West Side Story de Bernstein. Son intérêt pour le jazz l’a amené à participer à la création de Libertad de Didier Loockwood dans le rôle de Leandro à l’Opéra Comédie de Montpellier.

Festival Lyrique en Lyonnais

Julien Drevet-Santique, ténor (Ferrando)

Julien Drevet-Santique obtient son DEM de chant au CRR de Grenoble dans la classe de Cécile Fournier. Il se perfectionne ensuite auprès du ténor Jean-Paul Fouchécourt et de la soprano Cécile de Boever. Depuis 2012 il participe à de nombreuses productions au sein du chœur de l’Opéra National de Lyon sous la direction d’Alan Woodbridge puis de Philip White. Il fait également partie de l’ensemble Accentus (Laurence Equilbey), du chœur Britten (Nicole Corti) et des Chœurs et solistes de Lyon (Bernard Tétu).

Passionné de musique baroque, il aborde en soliste un vaste répertoire allant de Charpentier à Bach, en passant par Lully, Rameau, Mondonville… sous la direction de Franck-Emmanuel Comte, Marie-Laure Teissèdre, Florent Mayet. Il tient également les parties de ténor solo dans le Requiem de Mozart, la Petite messe solennelle de Rossini, la Messe en ré de Dvorak, la Création ainsi que les Saisons de Haydn. De plus, il fait partie de 2012 à 2016 de l’Ensemble Epsilon, dirigé par Maud-Hamon-Loisance, avec lequel il enregistre l’album « D’un doux regard ». A la scène il tient quelques rôles notamment dans King Arthur (Purcell), Comédie sur un pont (Martinù), La Périchole (Offenbach), Così fan tutte (Mozart) ainsi que dans la Flûte enchantée (Mozart), le tout sous la direction d’Antoine Marguier, Hugo Peraldo, Christine Antoine, Cédric Meyer.

Simona Caressa, mezzo-soprano (Despina)

Née à Naples, elle aborde pendant sept ans la pratique du chant par la musique populaire et le jazz. Après sa maitrise à la Faculté de musicologie de Bologna elle obtient un diplôme en chant au Conservatoire G. Verdi de Milan et un Master interprète au CNSM de Lyon. Elle est pensionnaire du CNIPAL en 2011-2012.
Sur scène elle a été Cherubino dans Le nozze di Figaro de Mozart, Philomène dans Alexandre Bis de Martinu, Orlowsky dans Die Fledermaus de J. Strauss, la 3ème servante dans Elektra de R. Strauss, Carmen dans la Tragédie de Carmen de Marius Constant d’après Bizet, Griselda dans La Griselda de Vivaldi.
En janvier 2013 elle est soliste au Grand Théâtre d’Aix-en-Provence dans le cadre du Festival Présences, accompagnée par l’Orchestre Philharmonique de Radio France. En 2015 elle crée à Fontevraud l’opéra de chambre Vanda de Lionel Ginoux. En 2016 elle a chanté dans l’opéra de Laurent Petigirard Guru au Théâtre des Champs-Elysées.

Simona copie

Avec le pianiste Alexis Dubroca elle forme un duo (Duo Marea) qui explore le vaste répertoire du Lied et de la mélodie avec D. Henschel, F. Schwimmhanger, B. Eidi, G. Sacre, U. Reinemann, F. Le Roux, H. Lucas. Elle reçoit le Prix des Associations au 2ème Concours international de Chant Benvenuto Franci, à Pienza (Italie) et est finaliste du 23ème Concours international de Chant de Marmande dans la catégorie Opéra. Elle a chanté sous la baguette de P. Steinberg, P. Rophé, F. M. Carminati, S. Jean, D. Tosi, P. Csaba, F. E. Comte, sur les scènes des opéras de Marseille, Avignon, Bordeaux, Locarno et dans nombreux festivals en France et en Italie. Elle est actuellement professeur de chant au CRR de Reims.

Festival Lyrique en Lyonnais

Sévag Tachdjian, basse (Don Alfonso)

Né à Beyrouth en 1981, c’est à l’âge de onze ans que Sévag Tachdjian fait ses premiers pas sur scène, en intégrant le choeur d’enfants de l’Opéra de Nice. Il complète sa formation en étudiant le violoncelle durant son adolescence. Après une maîtrise de lettres modernes à la Sorbonne et de journalisme à Strasbourg, il se consacre au chant au CNSM de Lyon dans la classe de Françoise Pollet et se perfectionne à Salzbourg et Munich auprès de Rudolf Piernay et Wolfgang Brendel et lors de masterclasses de Anna Tomowa-Sintow, Helen Donath, Kurt Moll et François Le Roux.
En 2010, le baryton-basse d’origine arménienne intègre le Studio de l’Opéra de Cologne puis celui de l’Opéra du Rhin en 2012 et y interprète sous la direction de grands chefs et metteurs en scène de nombreux rôles tels que Marullo dans Rigoletto (Verdi), Baron Duphol dans La Traviata (Verdi), le Premier apprenti dans Wozzeck (Berg), Spencer Coyle dans Owen Wingrave (Britten), Don Annibale dans Il campanello (Donizetti). Dans le cadre du Festival de Montepulciano en 2013, il fait ses débuts en Italie en chantant Escamillo dans Carmen (Bizet) avant d’être Alidoro dans La cenerentola (Rossini) au Grand Théâtre de Tours.

Passionné de musique baroque, il travaille avec des chefs tels que Marc Minkowski, René Jacobs ou encore Christophe Rousset. Désigné en juin 2011 comme « Meilleur jeune espoir » par le magazine d’opéra allemand Theater Pur, Sévag Tachdjian est finaliste de nombreux concours de chant et remporte en 2015 les 2e prix du Concours international de Canari et du Internationaler Komitas-Wettbewerb à Berlin. Très attiré par l’oratorio, on a pu l’entendre dans les Requiem de Mozart, Fauré, Duruflé, le Stabat Mater de Dvorak, la Petite messe solennelle de Rossini, La Création de Haydn ainsi que dans des récitals de mélodies et lieder qui l’ont conduit jusqu’à Dubaï et au Pakistan.

Dernière minute !

Le Musée du chapeau restera ouvert les 8 et 9 juillet de 18h30 à 20h pour vous permettre de visiter l’exposition temporaire de chapeaux.
A ne pas manquer !

Et dans l’orchestre…

Marie-Anne Ravel et Claire Khoury (violons) – Robin Kirklar (alto) – Pauline Maisse (violoncelle) –
Aurélia Béziau (flûte) – Fabien Bernoud (hautbois) –
Lise Gillot et Johanna Roux (clarinettes) –
Maxime Briday (basson) – Pierre Mignier (cor) –
Anne-Louise Bourion (piano) – Pierre Perosino (percussions)

Così fan tutte
Opéra de W.A. Mozart

Vendredi 8 et samedi 9 juillet à 20h
à la Chapellerie de Chazelles-sur-Lyon

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